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Chemins de retour vers Soi. Textes de réflexion, de méditation, d'intériorisation.

Yéshé Tsogyal

L'énergie féminine, créatrice par essence, sera le fondement du nouveau monde à venir, sa force consciente, qui donnera à la prochaine humanité le pouvoir de s'élever.

Une femme exceptionnelle, née au 8° Siècle, est un exemple remarquable de la réalisation en soi de l'énergie féminine créatrice : Yéshé Tsogyal. Libre, résistant aux pressions sociales de son époque, faisant face à de dures épreuves, elle n'eut qu'un seul but : s'accomplir, réaliser la nature du principe éveillé féminin, énergie primordiale pure symbolisée par l'élément feu.

Yéshé fut l'une des plus proches disciples du Maître Padmasambhava. Auprès de lui, puis seule, elle commença par libérer son esprit des concepts afin d'accéder à la compréhension claire de l'enseignement. Elle stabilisa ses émotions et maîtrisa les énergies de ses résidus karmiques, jusqu'à ce que l'énergie unifiée de Sagesse puisse entrer dans son canal central. Alors, dit-elle, "les perceptions ordinaires du monde furent terminées. Je vis l'univers en entier, j'obtins la connaissance suprasensible à la fois des choses de ce monde et de sa totale transcendance".

"Ne moissonne pas le blé en herbe", lui conseilla toutefois Padmasambhava. "Par les mortifications, tu t'égareras. Pratique l'austérité de la nourriture : prends subsistance dans l'essence des pierres et la sève des plantes médicinales afin de développer la force de ta conscience. Sois une mangeuse d'air. Oeuvre en silence. Abandonne les vaines paroles. Le temps est venu de transformer en voie d'éveil joies et peines. Toutes les douleurs qui se présentent, prends-les sur le chemin de la grande Félicité. Viendra le temps pour toi de travailler au bien des êtres. Prépare-toi".

Yéshé s'exerça à la pratique de la science des énergies, s'appliqua à la prière continue. Elle obtint la maîtrise de ses canaux d'énergie, non sans des douleurs qui la mettaient à l'agonie. Avec une confiance inflexible, elle pratiqua et se purifia. Ainsi, "tous les noeuds de ses canaux se dénouèrent, ce qui était atrophié se rétablit, ce qui était disjoint se reconstitua, ce qui était épars fut unifié". L'essence, qui est l'expression de la Sagesse, coula régulièrement. Tous les attachements à son corps s'effacèrent. Elle entra dans une totale équanimité, libre de discrimination entre rejet et acceptation. Elle mena à la perfection la pratique de non-intervention dans le jeu des pensées qui surviennent, la pratique de la connaissance profonde, la Vacuité-esprit de la Mère. Face aux hostilités et violences rencontrées sur sa route, elle transforma tout en voie d'Eveil. La Conscience éveillée se dévoila d'un coup.

Yéshé, décrite par Padmasambhava comme "un grand coeur d'une générosité illimitée, qui constitua pendant des temps sans limite la double réserve de Sagesse et de mérites", fut une émanation de la Parole de la Sagesse, une authentique incarnation féminine de l'énergie éveillée. Elle fut l'une des épouses mystiques du Maître, qui savait que si la présence féminine venait à manquer auprès de lui, "les éléments par lesquels l'Esprit s'épanouit et se libère seraient incomplets". Détentrice de la Connaissance, le Maître l'appela "grande Dame de l'Eveil" : "Le corps humain est la base de l'accomplissement de l'Eveil. Homme ou femme, quant au corps ordinaire, la forme est équivalente. Mais douée de l'esprit d'Eveil, la forme féminine excelle". Il lui prédit qu'après s'être rencontrés en ce temps-ci et avoir apporté au monde un bonheur qui ne durera pas, ils seront inséparables dans le champ sublime de la Lumière et, par leur corps de Lumière, aideront les êtres.

Âgée de 211 ans, elle sut que son oeuvre sur la Terre était terminée et qu'elle n'avait nul moyen de rester. "Je vous laisserai donc quelques mots en guise de testament", annonça t-elle à ses fidèles disciples : le sommet de la Voie est condensé dans l'enseignement sur la vue, la méditation, l'action et le résultat. La vue est au-delà de l'analyse mentale et de la saisie. C'est claire conscience. La méditation est l'expérience vécue de la simplicité naturelle inaltérée. C'est demeurer dans la vue. C'est, par un rappel de conscience libre de saisie et de distraction, s'accoutumer à la nature de la vue qui a été reconnue. Si vous préservez la vue, c'est la méditation. L'action est la détente dans la non-distraction. C'est posséder la certitude de la vue nourrie par la méditation, et demeurer en elle sans errance ni tension. Le résultat est la perfection de la puissance spontanée de la Vacuité, de la Lumière et de la Compassion.

"Ne désespérez point. Soyez confiants, vous êtes la déité. Priez !"

 

 

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