Chemins de retour vers Soi. Textes de réflexion, de méditation, d'intériorisation.
Pendant trois années, j'ai vécu face aux montagnes des Alpes du Sud, contemplant les variations de la lumière sur les immuables rocs de pierre. Je vous propose un rendez-vous chaque semaine avec cette danse sans cesse renouvelée.
Ciel-Terre, Montagne-Eau : expressions du Souffle-Esprit à l'oeuvre dans tout ce qui est, à l'infini se diversifiant et unifiant à tous les niveaux de la manifestation.
Les montagnes nous montrent la voie du nécessaire dépouillement. Dans ce face à face, l'esprit a consenti à se simplifier.
Pour voir vraiment la beauté des montagnes, le regard doit être rempli d'amour. Sans amour, il n'y a pas de possibilité de contact avec ce qui est plus grand que soi.
La lumière se lève. Dans un silence qui est connaissance suprême.
Les montagnes immobiles nous libèrent du temps et de l'histoire. Elles nous invitent à aller à la rencontre de ce qui unit tout le vivant.
Dans cette ouverture totale à ce qui est, dans cette présence sensible, libre de toute attente, qui nous fait accueillir spontanément chaque perception, nous sommes en résonance aiguë avec la beauté de la vie. Avec la douleur du monde aussi.
Savoir regarder l'immobilité de la montagne et y trouver un élan pour le saut dans un espace lointain et si proche à la fois.
La vraie contemplation n'est pas une expérience, car il n'y a pas d'observateur. Il n'y a donc pas de division et pas de temps.
Une énergie céleste, venue de très-haut comme une source jaillissante, nous invite à chaque instant à nous souvenir de la paix profonde qui règne en nos coeurs et à nous y relier.
Si proche de cet espace de silence et de liberté que tout l'être n'est plus que réceptacle, coupe ouverte, offrande...
Cet espace ouvert au regard... La pensée ne peut pas l'englober. Il est silence. Pas le silence absence de sons. Pas le silence absence de bavardage mental. C'est un silence d'une autre densité, d'une autre profondeur. Nous pouvons "toucher" ce silence,...
Le voyage au centre de soi se fait seul, libre. Il faut être à la fois son propre maître et l'élève qui apprend de sa propre observation, de sa propre perception, sans l'interférence d'aucune autorité.
Il y a une sobriété qui se dégage des montagnes, une simplicité d'être qui oriente notre regard vers l'unité.
Se laisser conduire par les montagnes, dans leur silence, vers leur silence. Que la pensée ne nous mène dans aucune direction voulue par elle.
Paix du soir. Les montagnes semblent s'être retirées en elles-mêmes. La paix recouvre tout. Il n'y a pas de contradiction entre les montagnes retirées en leur solitude et soi. Il n'y a pas de séparation : le calme immobile des montagnes rencontre notre...
Il n'y a que la pureté de la fraîcheur du matin et sa rosée. La claire lumière du soleil nous emplit comme une vibration unique.
Au loin, posé sur son plateau dépouillé, le Sanctuaire de la Madone, veillé par les roches puissantes et protectrices. Espace de silence, où le temps rejoint l'éternité. Le soir, les derniers rayons du soleil viennent le caresser et le recouvrir d'une...
Dans ce silence étrange, immobile, demeure une résonance, celle de la présence infime d'un espace où le temps n'est plus.
Le silence recouvre tout, pénètre tout. Il est dans la conscience qui perçoit chaque chose sans être dérangée par la pensée.
Intensité du silence des montagnes, celui du commencement du monde, commencement du souffle.
Avec le soir, le mouvement de la vallée cesse et le silence des montagnes devient plus profond, empli d'une vibration reliée au sacré.
La contemplation n'est pas vécue comme une expérience. Il n'y a que le silence. L'esprit qui a acquis la qualité méditative n'ajoute pas de commentaires à ce qui est contemplé.
La contemplation, comme la méditation, n'est pas une évasion. L'esprit paisible, nous voyons d'instant en instant le flot de la vie sans commencement ni fin. Nous sommes avec la réalité de ce qui est.