Chemins de retour vers Soi. Textes de réflexion, de méditation, d'intériorisation.
4 Novembre 2019
La caverne est la matrice de l'ignorance qui retient l'être humain dans sa prison.
Socrate (à Glaucon) : " Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière. Ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu'ils ne peuvent ni bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête. La lumière leur vient d'un feu allumé sur une hauteur au loin, derrière eux. Entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Imagine que le long de cette route est construite un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux. Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toutes sortes qui dépassent le mur. Assurément, les prisonniers n'attribueront de réalité qu'aux ombres des objets fabriqués. Considère maintenant qu'on détache l'un de ces prisonniers. Lorsqu'il sera parvenu à la lumière, pourra t-il, les yeux éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies ? Il souffrira et l'éblouissement l'empêchera de distinguer les objets dont tout à l'heure il voyait les ombres. Il aura, je pense, besoin d'habitude pour voir les objets de la région supérieure. A la fin, imagine, ce sera le soleil, non les vaines images réfléchies dans les eaux ou en quelque autre endroit, mais le soleil lui-même à sa vraie place, qu'il pourra voir et contempler tel qu'il est. Après cela, il en viendra à conclure que c'est le soleil qui est la cause de tout ce qu'il voyait avec ses compagnons dans la caverne. Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne. N'aura t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil ? Et s'il lui faut entrer de nouveau en compétition pour juger ces ombres avec les prisonniers qui n'ont point quitter leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux se soient remis, puisque l'accoutumance à l'obscurité demandera un certain temps, ne va t-on pas rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu'étant allé là-haut, il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n'est même pas la peine d'essayer d'y monter ? Et si quelqu'un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu'ils puissent le tenir en leurs mains, ne le tueront-ils pas ?"
Allégorie du conditionnement des esprits, de leur résistance au changement, de leur enchaînement aux croyances, du rejet d'une transformation radicale de pensée et de comportement.
Beaucoup de résistances et de peurs apparaissent à l'éventualité de découvrir au-dehors de la prison mentale l'immensité d'un espace lumineux. Or, l'époque actuelle est celle de notre sortie de la caverne ancestrale.
Cessons d'attendre un monde meilleur au sein d'une même matrice, faite d'illusions. La pâle clarté de la caverne, simple reflet, n'égalera jamais la lumière du soleil. La faible lueur de notre monde nous trompe, nous maintient dans l'ignorance et renforce un ego collectif qui a peur d'un changement qui le dépasse. Ne soyons pas de ces prisonniers qui préfèrent ne pas se questionner ni remettre en cause un mode de vie et un ordre établi, aussi aliénants soient-ils. Ne soyons pas de ceux qui choisissent de rester dans la pénombre.
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